Atelier de conservation
Ouest-France du 22 janvier 2008
Une fois par semaine, une vingtaine de bénévoles redonnent vie aux anciennes bécanes d’imprimerie qui iront grossir le lot du musée du même nom. Pour conserver les savoir-faire des métiers de l’édition.
Dans ce grand entrepôt de 600 m2 prêté par un établissement scolaire ça sent bien l’odeur de graisse, comme dans un garage. D’ailleurs c’est vraiment ça, un garage, où on donne des coups de clé, on visse, on ponce...
« Un après-midi par semaine le mardi on se retrouve là pour s’occuper de nos bécanes », raconte Jacques Noël, le président de Pro arte graphica, l’association qui gère le musée de l’imprimerie. Et c’est une véritable bande de passionnés qui se bougent, mus par l’amour de toute cette belle technique chevillée au cœur. Et par des convictions aussi. « Il s’agit de conserver toute la mémoire intellectuelle du seul métier qui pendant des années a informé les populations, et qui a diffusé les idées par le livre. »
Alors pas question de laisser tout ça partir aux oubliettes. Et depuis huit ans, ces bénévoles ont accumulé jusqu’à 40 000 heures de travail de rénovation pour remettre en route près de 100 machines.
On trouve de tout dans ce fabuleux bric-à-brac, presses lithographiques, machines typographiques, étaux à reliure et autres engins bizarres pour le profane. « Regardez celle-là, c’est une Alauzet qui date de 1850, aujourd’hui en parfait état de marche. » Tout autour, des bois, des métaux, plomb, cuivre, des cordes...
Recherche de main-d’œuvre
« Vous savez il y a encore 25 ans Le Monde composait encore son journal en linotypie. Il faut absolument conserver les savoir-faire d’hier, qui font les métiers d’aujourd’hui », rappelle encore avec conviction Jacques Noël. C’est pourquoi ces machines sont remises en état, pour alimenter le Musée de l’imprimerie que tous veulent vivant, avec des outils qui fonctionnent. Sur ces 25 gaillards, la plupart vient de l’imprimerie, mais on trouve aussi un ingénieur en mécanique, un ancien enseignant...
Mais où vont-ils mettre tout ça ? « C’est en effet le souci, car le musée actuel fait 700 m2 et il est saturé. Il y a sept ans, nous avons fait une demande pour un autre local car il nous faudrait 4 000 m2. Le maire est d’accord mais nous attendons ses propositions. »
En attendant les bénévoles poursuivent leur labeur, montent, démontent, transportent. Et même si c’est du lourd, ce n’est pas grand-chose pour ces hommes de caractère. Lesquels cherchent encore des copains, des mécanos si possible.




