Développement
Le Musée de l’imprimerie de Nantes à l’heure de son intégration au Pôle graphique de l’Île de Nantes
À l’heure où le Musée de l’imprimerie se trouve à la croisée des chemins, il nous semble important de rappeler rapidement et dans les grandes lignes, ce qui a été réalisé durant ses vingt premières années d’existence. Rassembler et conserver en un même lieu vivant tous les matériels anciens nécessaires à la confection d’un livre, de la fabrication du papier et de la fonte des caractères à la reliure-dorure en passant par l’impression des textes et des illustrations, tel fut le fil conducteur qui a guidé les fondateurs du Musée de l’imprimerie de Nantes dès 1981, date à laquelle fut retenue l’idée de sa création par la municipalité nantaise, Alain Chénard étant maire. En découlent tout naturellement, d’une part la formation de ses permanents à toutes les techniques de la fabrication du livre et, d’autre part, la transmission des savoirs en direction des bénévoles de l’association, des acteurs de la filière graphique, des artistes et de ceux qui en manifestent le désir. Cette alliance de l’Homme et des matériels anciens de fabrication du livre constitue à ce jour une expérience unique en son genre en France et sans doute en Europe pour ne pas dire au-delà. Cet ensemble technique indissociable permet aux professionnels du Musée de l’imprimerie de Nantes d’intervenir dans les domaines éducatif et pédagogique, culturel et artistique, social et citoyen, historique et patrimonial. Il s’adresse à tous les âges et à toutes les couches de la population.
Depuis plus de vingt ans, des ateliers d’éveil et de perfectionnement aux arts graphiques accueillent enfants et adultes, individuellement ou en groupes. Essentiellement tournées vers le livre, ces activités ludiques et artistiques recueillent un franc succès. Elles permettent de développer l’esprit créatif, l’habileté et les capacités tant manuelles qu’intellectuelles des participants dans les ateliers suivants:
– composition et impression typographiques ;
– gravure sur linoléum ou plastique et impression;
– dessin et impression lithographiques;
– gravure et impression en taille-douce;
– calligraphie ;
– enluminure ;
– reliure.
• C’est ainsi que pour ce qui concerne les groupes, des classes de tous niveaux s’investissent sous la responsabilité de leurs enseignants et en liaison étroite avec les professionnels du musée, dans un important travail de recherche graphique et de mise en pages alliant le texte et l’illustration. La maquette finalisée sera réalisée dans le cadre des ateliers susnommés. Encadrés par les permanents et des professionnels bénévoles, les participants mènent leur projet jusqu’à sa concrétisation.
Cette activité est particulièrement adaptée pour les classes à vocation arts graphiques et communication ainsi que pour celles liées aux métiers de l’imprimerie.
• D’autres classes à l’enseignement différemment orienté préfèrent s’investir dans un projet moins élaboré. On se dirige alors, toujours en liaison étroite avec les enseignants, vers la conception d’un texte réalisé collectivement en classe par les élèves
Ce texte est ensuite composé et imprimé, avec ou sans illustration, soit par les auteurs, soit par les professionnels du musée, chaque élève repartant avec une feuille du tirage, sans oublier les absents.
• Les demandes individuelles sont aussi prises en compte. Enfants et adultes intéressés sont regroupés lors de stages spécifiques programmés régulièrement ou sur demande et animés par les professionnels du musée.
• Le domaine de la muséographie numérique est en plein développement et deux années durant, plusieurs matériels du musée ont fait l’objet d’une étude par des étudiants agissant dans le cadre de la licence professionnelle Gestion de la production industrielle de 1’I.U.T. de Nantes, sous la responsabilité d’un enseignant chercheur. C’est un vrai travail d’archéologie industrielle qui a été effectué, nous faisant passer d’une presse en fonte à une maquette virtuelle, animée et en couleurs, que l’on visualise sur écran. Travail enrichissant qui a passionné les étudiants et intéressé les responsables du musée qui comptent bien l’intégrer, autant que faire se pourra, dans une muséologie à venir sur un nouveau site.
• En 2006 enfin, le Musée de l’imprimerie a créé l’événement en fédérant autour de lui les principaux établissements d’enseignement de nos métiers et des arts appliqués de la région des Pays de la Loire, en mettant sur pied un concours d’affiches doté de plusieurs prix. Ce fut un succès... à reconduire.
• Des relations étroites se sont tissées avec l’Artothèque (Le Ring) et de nombreuses œuvres sont issues de cette collaboration.
• Ces réserves participent à la vie culturelle et artistique de nos concitoyens à travers deux expositions itinérantes qui sont proposées aux associations et municipalités voisines. L’une est entièrement consacrée aux lithographies de Jules Paressant, l’autre réunit des œuvres d’artistes réalisées en divers procédés. L’exposition la plus récente a eu lieu en avril 2007 dans la chapelle Sainte-Anne de La Baule. En vingt jours, elle a reçu la visite d’environ trois mille visiteurs.
• À ces manifestations extérieures s’ajoutent des expositions en interne que nous aimerions plus fréquentes et plus importantes mais que l’exiguïté des locaux nous oblige à limiter. Elles concernent uniquement les œuvres d’artistes réalisées à partir des techniques traditionnelles de nos métiers.
• Le Musée de l’imprimerie est fréquemment sollicité pour des animations extérieures, accompagnant ou non les expositions itinérantes. Elles se caractérisent par des démonstrations des métiers de composition manuelle ou d’impressions typographique, lithographique ou taille-douce, soit dans les bibliothèques municipales, soit dans les fêtes de vieux métiers, soit encore pour des manifestations liées au livre ou à des événements particuliers comme ceux concernant Diderot à Langres (Haute-Marne), Balzac à Rouen (Seine-Maritime), une exposition d’affiches anciennes à Chartres (Eure-et-Loir), une exposition sur l’écrit à Chauray (Deux-Sèvres) pour ne citer que les déplacements les plus lointains.
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Aujourd’hui, les métiers de l’imprimerie
Le nombre des métiers de l’imprimerie concourant à l’obtention d’une page imprimée a considérablement diminué ces dernières années avec l’introduction de l’informatique dans la galaxie Gutenberg. Parallèlement, micro-ordinateurs, logiciels et imprimantes de toutes marques donnent, à qui aime « tapoter » et « bidouiller », la possibilité d’imprimer sa propre production, voire celle de clients éventuels. Mais qu’on ne s’y trompe pas, si les matériels changent, le but final demeure : il s’agit toujours d’obtenir une page qui soit agréable à l’œil, harmonieuse, équilibrée, lisible. Le choix du caractère, sa grosseur, sa graisse, son interlignage, l’espacement des mots, la longueur des lignes, la valeur des marges, la technologie liée au texte et celle liée à l’image, la bonne répartition des blancs et des noirs, la mise en page relèvent toujours d’une formation dont la finalité est de devenir professionnel des métiers du Livre soit dans le pré-presse (P.A.O.), soit dans l’impression (offset ou numérique) .



