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Eluminure

enluminure

 

Calligraphie plumes métal

 

 

La calligraphie.

Du jour où les hommes ont connu l’écriture, s’est développée la calligraphie, c’est-à-dire l’art de donner à l’écriture les signes les plus beaux et les plus élégants. Chez les Orientaux, la calligraphie paraît avoir été en honneur dès la plus haute Antiquité. Les historiens du Céleste Empire citent le fameux Wan-Hi-Che, magistrat qui vécut vers le IIIe siècle de notre ère, dont les manuscrits, d’une beauté de forme incomparable, sont recherchés encore aujourd’hui. Les Persans ont connu l’apogée de la calligraphie au XVIIIe siècle, et les écrits de cette époque sont aujourd’hui achetés au prix de la lettre. Chez les peuples mahométans, dont la religion interdit la reproduction de la figure humaine, la calligraphie fut portée au plus haut point, tout l’effort de l’artiste s’y concentrant.
Dans la civilisation occidentale, la calligraphie se développa avec les progrès des arts eux-mêmes. Les lettres majuscules et initiales prirent les plus fantastiques développements, s’agrémentant de figures d’animaux, de fleurs et d’arabesques.
Au XVe siècle, le goût de la lecture, se répandant de plus en plus, poussa les esprits ingénieux à faire concurrence aux calligraphes : ainsi naquit l’imprimerie. Les Gutenberg, les Coster, les Breton ne furent que des contrefacteurs de manuscrits, qui vendaient les produits de leur industrie comme des manuscrits véritables. L’invention de l’imprimerie fut un premier coup porté à la calligraphie ; la substitution de la plume de fer à la plume d’oie lui porta aussi une sensible atteinte.

 

L’enluminure.

Dans le haut Moyen âge, la profession d’enlumineur n’était point différente de celle du calligraphe. Le clerc qui écrivait le manuscrit, l’ornait aussi de lettres peintes et de miniatures. Au XIIIe siècle, lorsque l’art du scribe est exercé aussi bien par les laïques que par les clercs, l’extension que prend la librairie amène une séparation entre l’illustrateur et l’écrivain : le premier est l’illuminator ou paginator, qui décore les pages ; le second est le librarius ou scriptor. Mais ils font tous deux partie de la même corporation jusqu’en 1383, époque à laquelle les enlumineurs formèrent une corporation spéciale, exempte de la charge du guet. Le roi et les grands seigneurs possédaient leurs enlumineurs particuliers qui étaient souvent de véritables peintres, faisant des tableaux et des décorations de toutes sortes, comme pour les armes, la sellerie, etc.
Quand l’imprimerie vint supplanter la production calligraphique, les enlumineurs ne cessèrent point d’exercer leur métier, car on faisait des livres typographiés avec des espaces blancs, ménagés de planche en place, pour qu’on pût les couvrir d’enluminures. Et souvent, de petites légendes imprimées étaient placées sur l’espace blanc pour y indiquer le sujet à peindre ; souvent même, aussi, imprimait-on avec une estampille les traits principaux du dessin que l’enlumineur devait colorier.
La mode des manuscrits peints refleurit au XVIe siècle ; mais, avec le XVIIe siècle, commence la décadence de l’art des enlumineurs. Lorsque la Révolution supprima leur corporation, ces artistes exécutaient bien des travaux étrangers à l’ornementation des manuscrits.