La lithographie, impression à plat
Inventée par Aloys Senefelder vers 1796, la lithographie, du grec lithos (pierre) et graphein (écriture), est un procédé d’impression basé sur l’incompatibilité qui existe entre un corps gras et l’eau. L’encre prend sur les parties grasses du dessin ; elle est refusée sur le reste de la pierre humidifiée.
L’artiste dessine à l’envers à l’aide d’un crayon et d’une encre grasse sur la pierre (calcaire) grainée au préalable et le dessin n’est pratiquement pas modifiable. Le grainage permet la prise du dessin et une meilleure répartition de l’eau avant l’encrage. Le dessin terminé, on passe sur la surface une solution acide permettant une gravure légère et rendant la pierre moins poreuse. Après avoir mouillé la pierre, on passe le rouleau encreur : l’encre se dépose uniquement sur la partie recouverte par le dessin, le reste de la pierre étant protégé par l’eau.
On peut alors tirer autant d’épreuves que l’on désire après avoir mouillé et encré la pierre de nouveau.
Pour la lithographie en couleurs, on réalise une pierre par couleur.
Cette technique fut améliorée et industrialisée pendant tout le XXe siècle, elle servait surtout aux impressions d’artistes (estampes) ainsi qu’aux premières publicités (Muchat, biscuits LU). Elle a donné naissance au procédé industriel offset qui est aujourd’hui le plus répandu en imprimerie.
L’offset.
Il semble n’y avoir qu’un pas à franchir pour passer de la lithographie à l’offset. Cependant il s’est écoulé quarante années entre les premiers essais et le démarrage industriel du procédé offset.
En lithographie, la forme d’impression, qui porte une image à l’envers, se décalque directement sur le papier.
La première machine pour impression sur métal suivant cette nouvelle méthode fut construite par Voirin en 1880. Elle ressemble par le bas à une machine litho : même marbre portant la pierre, même encrage, même mouillage. Mais elle a deux cylindres au lieu d’un : cylindre inférieur garni d’un blanchet, cylindre supérieur dont les pinces entraînent la feuille à imprimer.
Jusqu’à ce beau jour de l’été 1904 l’Américain W. Rubel, faisant un tour sans feuille sur le cylindre de sa presse litho, constate que l’habillage de caoutchouc donnait une impression fort convenable au verso de la feuille suivante. Immédiatement est construite par Rubel et Hermann, à New Jersey, une presse à trois cylindres, baptisée presse offset. Le terme anglais off-set exprime en effet l’idée de décalque. Il est plaisant de constater qu’aujourd’hui les Européens continuent d’appeler offset le procédé en question, alors que ses parrains américains ont abandonné ce terme pour revenir l’appellation-mère : lithography.


